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27ème joueuse Française en 2004 – Championne de France U18 en 2003 – Membre et n°1 de l’équipe de France U18 – Championne Européenne universitaire en 2010 – 4 fois championne de France universitaire.

1/ A ton avis quelle place joue le mental dans la performance ?

Pour moi, le mental est un aspect prépondérant de la performance, au tennis par exemple on est seul, les matchs sont longs et il y a beaucoup de rebondissements. Le mental permet d’y faire face.

2/ Au cours de ta carrière as tu travaillé avec un préparateur mental ?

Je n’ai jamais travaillé avec un préparateur mental. On me l’a proposé lorsque j’avais 18 ans et que je m’entraînais au centre national d’entraînement à Roland Garros et j’ai refusé car je n’y croyais pas. Je me sentais forte dans ma tête. Mais avec le recul, je pense que cela aurait pu m’apporter un plus. A l’époque j’étais gênée car il y avait un seul préparateur mental pour tout le monde 1 heure par semaine et je pensais que l’accompagnement ne serait pas individualisé.

3/ En quoi consiste la préparation mentale du joueur de tennis et comment la travaillais tu au quotidien ?

Pour moi le préparateur mental doit avoir un discours commun avec entraîneur et préparateur physique.
Je la travaillais tous les jours sur le terrain en étant à fond, en me forçant en match, pour dépasser les difficultés, en acceptant la douleur physique et en me mettant un objectif particulier. Je me concentrais sur chaque point avec rigueur. Je rentrais sur le terrain pour gagner.

4/ A quel moment de la carrière d’une joueuse de tennis est il plus important de travailler le mental ?

Je ne sais pas si on doit l’intégrer tôt, une gamine qui gère bien est ce qu’on ne risque pas de l’embrouiller ?
L’amener à se poser des questions….
En revanche l’accompagnement chez les jeunes peut libérer une gamine qui a peur en match, ou qui prétexte des blessures avant les tournois, par exemple.
Je ne suis pas étonnée que cela deviennent une évidence quand la personne est plus mature (passé la vingtaine)…
Je vois cela sur le tard… mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui c’est de plus en plus intégré dans la préparation globale.

5/ Quelles sont les principales difficultés auxquelles doit faire face une joueuse de tennis de haut niveau ?

Les difficultés sont nombreuses.
Il faut se trouver une structure performante, une team performante. Il y a l’aspect financier qui entre en jeu également 50 KE par saison, environ 3 saisons pour entrer dans le top 100 et ensuite 150 KE pour passer dans le top 50. Cela engendre un grosse pression psychologique vis à vis de l’argent. Pour les filles seulement 12 tournois par an vers 16, 17 ans il faut y aller à fond car moins on va loin dans les tournois moins on progresse au classement, et donc moins de gains possibles.
Les blessures, également sont une des difficultés, gérer la blessure et revenir de blessure. Au tennis lorsqu’on se blesse on perd les points acquis au classement ce qui engendre une pression supplémentaire vis à vis de la reprise.
C’est un sport ingrat un jour on gagne et on est super aux yeux des gens (familles, journalistes) le lendemain on perd et on est considéré comme une merde.
Il n’y a qu’un seul gagnant.
On est seul, pour s’entraîner.
Il faut faire face à la concurrence.
Les conditions peuvent être difficiles par exemple pour un tournoi à 10000 dollars il arrive que l’on dorme par terre etc.
C’est facile d’être motivé quand on s’entraîne et qu’on partage les vestiaires avec de grands champions qui font rêver et facile de baisser les bras quand on se retrouve dans un petit tournoi avec de très mauvaises conditions.
Et puis il y a toute la gestion logistique, réserver les billets d’avion, les hébergements, les repas etc. Il faut être autonome très jeune.

6/ Cela t’arrive t’il de te remettre en question, si oui de quelle manière ?

Oui heureusement… Je fais le point « qu’est ce que je voulais faire ? », « pourquoi ? », « où j’en suis ? », « qu’est ce que je veux faire ? » et je m’oriente vers ce qui me semble le mieux. Je prends du recul.
Je me pose, les échecs permettent de se remettre en question plus facilement je pense.

7/ Quelles sont tes sources de motivation lorsque cela va un peu moins bien ?

Je retourne sur un terrain de tennis, c’est le seul endroit où je ne pense pas et je me concentre uniquement sur le jeu. Cela me permet de m’évader, me vider et je suis plus disponible pour réfléchir après.
Je me fixe des challenges, des objectifs.

8/ Quelles sont les qualités d’une joueuse de tennis de haut niveau ?

Il en faut beaucoup, pour moi il faut :

  • Être compétitrice être une « matcheuse » savoir sortir son meilleur tennis dans les matchs.
  • Être rigoureuse.
  • Être persévérante.
  • Être physique.
  • Être technique.
  • Avoir une motivation sans faille.
  • Se remettre en question.
  • Travailler et se concentrer sur des détails.
  • Se mettre dans sa bulle.
  • S’investir au quotidien.

9/ Aujourd’hui en tant qu’entraîneur intègres tu la préparation mentale dans tes séances ?

Non, je ne connais pas les outils mais par contre j’intègre ce que j’ai appris.
Je donne des conseils comme par exemple se concentrer, être lucide, respirer entre les points, augmenter le niveau d’exigence et le tenir. J’essaye d’amener de la confiance en soi.
Je m’attache à montrer l’exemple, ne pas se plaindre par exemple car cela joue sur les attitudes des gamines qui restent facilement influençables sur les aspects négatifs.

10/ Quel serait le plus d’y avoir recours ?

Mieux gérer la pression, se concentrer sur soi, améliorer la confiance en soi. Améliorer les points forts.
Pour moi c’est important de ne pas oublier les côtés positifs.
Très heureux d’avoir pu échanger avec Laura autour de la préparation mentale. Merci pour le temps que tu m’as accordé.
La préparation mentale est sans aucun doute un des facteurs de l’optimisation de la performance à ne pas négliger, elle n’est pas encore démocratiser et reste abstraite pour certains sportifs… N’hésitez pas à contacter un préparateur mental certifié afin de découvrir la discipline qui vous permettra d’exploiter vos potentialités pleinement.